Sciences humaines | Le 28 décembre 2024, par Raphaël Deuff. Temps de lecture : sept minutes.
littérature & sciences humaines
Sciences humaines | Le 28 décembre 2024, par Raphaël Deuff. Temps de lecture : sept minutes.
Langue vivante minoritaire
Le hmong est une langue minoritaire des territoires français, de la famille des langues hmong-mien. Elle est usitée en Guyane.
Le hmong est une langue vivante minoritaire parlée en Guyane par la diaspora hmong. Sur les régions de France, la langue est employée par 2000 locuteurs environ, courants ou occasionnels. Dans l’ensemble du monde, le hmong compte 7 708 000 locuteurs approximativement aujourd’hui. Elle est la langue historique des Hmong, groupe ethnique d’Asie du Sud originaire du sud de la Chine et du nord de la péninsule indochinoise.
Sous l’aspect de la généalogie des langues, la langue hmong se rattache au groupe des langues hmong, au sein de la famille des langues hmong-mien. Cette langue se forme historiquement en une entité linguistique dans la région de la Guyane.
Le hmong est une langue SVO, soit une langue à la syntaxe sujet-verbe-objet. Selon la typologie morphologique, il s’agit d’une langue isolante, autrement dit dont les mots sont invariables. Elle possède une typologie phonétique de langue tonale.
Le groupe hmong se divise en langues hmong du Nord (xiangxi, comprenant le hmong rouge), du centre (qiandong, ou hmu) et occidentales (chuanqiandian, dialectes du Sichuan-Guizhou-Yunnan), ces dernières formant le sous-groupe le plus répandu. S’y rattachent les dialectes du hmong blanc (hmong daw) et du hmong vert (hmong njua), employées dans la diaspora.
Le hmong est une langue d’expression orale ; elle demeure encore incomplètement décrite. La littérature en hmong est constituée de publications d’oeuvres traditionnelles réalisées par des linguistes. Différentes méthodes de graphies ont été inventées pour transcrire les langues hmong.
L’écriture du hmong a connu plusieurs systèmes de transcription et d’écriture ; le système d’écriture semi-syllabique pahawh hmong, l’alphabet populaire romanisé (Hmong RPA), l’alphabet Nyiakeng puachue hmong, etc.
Parmi les auteurs de la littérature sur la langue hmong, on peut citer la linguiste Barbara Niederer – Les langues Hmong-Mjen (Miáo-Yáo). Phonologie historique (1998) –, le missionnaire Paul Vial (1855-1917) – « Petit lexique français miaotse », suivi d’une « Petite grammaire miaotse » (Annales de la Société des Missions-Étrangères et de l’Œuvre des Partants, 1908) ; Martha Ratliff – Hmong–Mien language history, publié en 2010 ; l’oblat et ethnologue Yves Bertrais (1921-2007) – Dictionnaire hmong (méo blanch)-français, paru en 1964 – et le prêtre et ethnologue Jean Mottin (1929-1984) – Éléments de grammaire hmong blanc (1979) ; Contes et légendes Hmong blanc (1980).
Sur les territoires français, la Constitution de la Ve République dispose du français comme « langue de la République » (art. 2 modifié par la loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992), ce qui prescrit l’emploi de la langue française dans la sphère publique et comme langue d’enseignement. Cet usage d’idiomes régionaux comme la langue hmong n’est toutefois nullement proscrit, en particulier avec la reconnaissance au sein de la Constitution, depuis 2008, de leur valeur patrimoniale (art. 75-1).
La langue hmong est l’objet d’un cadre normatif depuis 1984, qui lui permet d’être enseigné dans le primaire et le secondaire et de faire l’objet d’une épreuve facultative au baccalauréat. En tant que langue minoritaire de France, l’enseignement de la langue hmong est encadré par le Code de l’éducation (art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11), le Code rural (L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129) et le Code de la consommation (L. 121-33).
Son usage dans les médias et la sphère publique est principalement légiféré par la loi Toubon (loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française) et la loi no 2000-1207 du 13 décembre 2000.
Parmi les organisations qui promeuvent le hmong actuellement, on compte le service Langues et Patrimoine de la collectivité territoriale de Guyane.
Raphaël Deuff
Nom français : hmong
Nom anglais : Hmongic
Statut : langue vivante minoritaire
Territoires d’implantation : Guyane
Famille linguistique : langues hmong-mien
Typologie linguistique : isolante, SVO, tonale
Notices d’autorité et bibliographiques : hmon1337 (Glottolog.org), hmn (ISO 639-3)
Portail : service Langues et Patrimoine de la Collectivité territoriale de Guyane (ctguyane.fr)
Ressource : Hmongic – hmn (iso639-3.sil.org)
Ressource : Hmongic – hmon1337 (glottolog.org)
Ressource : OLAC resources in and about the Hmong language (language-archives.org)
Ressources bibliographiques
Bernard Cerquiglini, Les Langues de France. Rapport au ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie et à la ministre de la Culture et de la Communication, 1er avril 1999. Lire en ligne (vie-publique.fr).
Christos Clairis, Denis Costaouec et Jean-Baptiste Coyos (dir.), Langues et cultures régionales de France, Paris, L’Harmattan, 2000.
Henri Giordan (dir.), Les minorités en Europe. Droits linguistiques et droits de l’homme, Paris, Kimé, 1992. Compte-rendu en ligne (persee.fr).
Henri Giordan, Démocratie culturelle et droit à la différence. Rapport présenté à Jack Lang, ministre de la Culture, Paris, La Documentation française, 1982. Notice en ligne (catalogue.bnf.fr).
Henri Giordan et al., « Les langues de France », Tribune internationale des langues vivantes, Paris, 2000.
Wolfgang Jenniges (éd.), Select Bibliography on minority languages in the European Union / Bibliographie sélective des langues minoritaires de l’Union européenne, Bruxelles, Bureau européen pour les langues moins répandues, 1997. Notice en ligne (europeansources.info).
Benoît Paumier et al., Redéfinir une politique publique en faveur des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, rapport présenté à la ministre de la Culture et de la Communication, 17 juillet 2013. Lire en ligne (vie-publique.fr).
Bernard Poignant, Langues et cultures régionales. Rapport au Premier ministre, Paris, La Documentation française, 1998. Lire en ligne (vie-publique.fr).
Jean Sibille, Les Langues régionales, Paris, Flammarion, coll. « Dominos », 2000.
Geneviève Vermès (dir.), Vingt-cinq communautés linguistiques de la France (2 vol.), Paris, L’Harmattan, 1988. Compte-rendu en ligne (persee.fr).
Texte de référence : Constitution du 4 octobre 1958 (legifrance.gouv.fr), art. 2 et 75-1
Enseignement
Texte de référence : Code de l’éducation (legifrance.gouv.fr), art. L. 121-1, L. 121-3, L. 123-6, L. 312-10 et L. 312-11, ainsi que L. 214-17 et L. 251-1 à L. 251-21
Texte de référence : Code rural (legifrance.gouv.fr), art. L. 811-5, L. 813-2 et R. 811-129
Texte de référence : Code de la consommation (legifrance.gouv.fr), art. L. 121-33
Texte de référence : Code général des collectivités territoriales (legifrance.gouv.fr), L. 4433-25 et L. 4433-26
Médias et sphère publique
Texte de référence : Loi no 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française (legifrance.gouv.fr), dite « loi Toubon »
Texte de référence : Loi 2000-1207 du 13 décembre 2000 d’orientation pour l’outre-mer (legifrance.gouv.fr), art. 34
Entités nommées fréquentes : Guyane, Code, Hmongic, Hmong, Langues, France, Paris, Giordan, Les, Culture, Constitution.
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